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Avant de gravir Le volcan Kawah Ijen, nous avons dormi dans la petite maison du frère de Chunk, notre guide. Ils sont tous les deux mineurs dans le cratère. Nous avons, pendant deux jours, partagé le quotidien de ce petit village perdu dans la campagne javanaise.

Durant les deux mois touristiques, les deux frères profitent de leur maitrise de l’anglais pour lâcher leur travail de mineur et deviennent alors guides (leur site internet). Même si être guide reste un travail difficile (ascension toutes les nuits du volcan), ils n’ont pas à parcourir 2 à 3 fois par jours le même chemin avec 80 kilos de souffres sur les épaules.

Nous partons du village à 1h30 avec notre guide et le chauffeur du village. Nous démarrons l’ascension un peu avant 3h du matin. Marcher de nuit sur un volcan très actif est assez impressionnant. Mais c’est seulement en commençant la descente dans le cratère que cela devient magique et atroce en même temps. L’odeur du souffre en fusion se fait de plus en plus forte, la respiration devient difficile, jusqu’au moment ou le masque à gaz devient obligatoire.

Puis apparait ce pour quoi nous sommes venus, les flammes bleues au fond du cratère, sur plusieurs dizaines de mètres. Nous sommes tout près, la température augmente, et les yeux piquent à cause du gaz extrêmement toxique. Il est difficile de rester très longtemps près des flammes, le vent nous envoie la fumée en plein visage. Fermons les yeux, arrêtons de respirer, et attendons d’y voir un peu plus clair.

Kawah Ijen

Kawah Ijen

En attendant que le jour se lève, Chunk nous a permis de rencontrer ces copains mineurs. Nous avons partagé un moment avec eux dans leur tente de fortune. 300 hommes sont là tous les jours au fond du cratère. Le jour se lève doucement. Depuis le fond du cratère, nous découvrons le paysage qui nous entoure. Le lac acide, les grandes fumées toxiques et le sol recouvert de souffre.

Kawah Ijen

Les mineurs portent en moyenne 80 kilos sur leur dos. C’est dur à imaginer, alors j’ai essayé. J’ai eu du mal à me mettre droit, et je n’ai pas réussi à faire deux pas avec ce poids sur une épaule. La plupart des mineurs travaillent dans le cratère dès leur 16ans, jusqu’à leur mort. Nous y avons croisé des papis épuisés, les bronches massacrées par les fumées toxiques.Mais le plus gros problème dans tout ça, c’est que tous ces efforts ne serviront jamais à améliorer leurs conditions de travail. Les milliards s’envolent directement en Chine dans les poches des actionnaires. Pas un seul dollar pour fournir des masques à gaz à tous leurs employés, ou un peu de confort. Seuls certains ont eu la chance de pouvoir se fournir un masque, pas toujours en bon état.

kawah Ijen

Kawah Ijen

Pourquoi les photographier… Certainement pas pour le souvenir, je n’aurai pas besoin de photos pour me rappeler de ce que j’ai vu au sein du cratère.
Franchement difficile de pointer l’objectif vers ces travailleurs, de voir leur souffrance et leur regard à travers le viseur. Je n’avais pas vraiment prévu de réaliser ce reportage sur les mineurs du volcan Kawah Ijen en Indonésie.

L’image est-elle le meilleur médium pour informer? Je n’en sais rien du tout. Mais j’ai décidé de partager ces quelques images.

Kawah Ijen

Kawah Ijen

Reportage sur les mineurs du volcan Kawah Ijen en Indonésie

Kawah Ijen

Kawah Ijen

Reportage sur les mineurs du volcan Kawah Ijen en Indonésie

Commentaires

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